mercredi 14 novembre 2012

Premier chagrin - Prix Farniente 2013 13 + (1)



L'histoire:
 
Sophie est plutôt fière d'elle lorsqu'elle répond à une petite annnonce pour du baby-sitting.  Elle a "l'impression d'avoir pris dix centimètres en un coup de téléphone".  Mais les choses se corsent lorsqu'elle découvre que c'est une grand-mère qui a besoin de ses services...   Plus question de reculer !  Sophie veut prouver à tous qu'elle est mûre et responsable !
 
Mon avis:
 
Ce titre fait partie des quatre romans sélectionnés dans le cadre du Prix Farniente 2013, 13 +.  Ce prix "encourage les ados à ouvrir les livres avec curiosité, plaisir et appétit, et les incite à voter pour leur coup de coeur".  Je ne sais pas si ce titre sera le coup de coeur de la classe mais, pour moi, c'en est déjà un.

L'auteure aborde ici un thème difficile, celui de l'accompagnement en fin de vie des personnes âgées et malades.  Même si le sujet est sérieux et souvent tabou, on est bien loin d'un récit larmoyant ou moralisateur.  Cela s'explique par le choix de la narratrice qui, avec le franc-parler de la jeunesse, présente les choses telles quelles, sans fioritures inutiles ni pudeur exagérée. 
 
Mouche, la grand-mère, a décidé, comme elle l'a toujours fait, de profiter à fond des derniers jours qui lui restent et espère pouvoir préparer au mieux ses proches, et surtout ses petits-enfants, à sa mort.  Elle ne veut surtout pas qu'on les écarte sous prétexte qu'ils sont trop jeunes ou trop fragiles. 

"Ils devaient peu à peu apprivoiser sa mort, et La mort."

Elle compte sur Sophie pour l'aider à exaucer ce voeu.  Mais, en attendant que les petits-enfants de Mouche viennent - enfin - rendre visite à leur grand-mère, la voilà embarquée dans des tâches peu banales.  Elle aide notamment la vieille dame à renvoyer les nombreuses lettres d'amour qu'elle a conservées tout au long de sa vie ou fait des recherches sur internet sur les différentes formules funéraires ou sur les différents types de cercueils. 

"On pouvait choisir le modèle, économique, écologique, l'essence du bois, faire dans le moderne, le kitsch ou le classique, demander un hublot (beurk), on pouvait choisir la couleur de la garniture intérieure.  (...)  Il y avait une société qui permettait de payer son cercueil à l'avance.  A chaque versement d'argent, la société plantait un arbre pour compenser le bois qui serait nécessaire pour le cercueil. (...)  Mais d'autres avaient mis au point des cercueils en carton qui nécessitaient huit fois moins de bois qu'un cercueil classique (...).  Par acquit de conscience, j'ai ajouté le modèle en kit.  Livré à domicile. Je me voyais cependant mal assembler les pièces avec Mouche et j'avais d'atroces souvenirs des montages de meubles Ikéa avec Maman (...)  J'ai fait une synthèse, j'ai noté les liens vers les sites, et j'ai imprimé le tout."

Ce compte rendu provoque d'ailleurs l'hilarité de la vieille dame.  Vous l'aurez compris, Mouche est un sacré personnage.  Eternelle optimiste, elle a fait de la franchise son credo.  A son contact,  Sophie va énormément mûrir.  Par effet boomerang, sa relation vraie avec cette grand-mère va avoir de réelles répercussions dans ses relations avec ses proches, son père qui "l'a abandonnée", sa mère "poule", son grand-père qu'elle n'a plus vu depuis longtemps, ses camarades de classe, ...  Elle apprendra tout doucement à pardonner...

Au fil des pages, on assiste à son évolution... Ressortent également toutes les questions qu'elle se pose face à la mort. De manière plus légère, Sophie nous dresse aussi, avec beaucoup d'humour, un portrait, pas toujours joli joli, des adultes et de leurs mensonges.  Au passage, elle égratigne pas mal les professeurs, pas toujours motivants, qu'elle côtoie...  Et, comme on dit que la vérité sort de la bouche des enfants, ça fait mal !

"(...) si leur objectif est de nous donner le goût à la lecture, ils devraient commencer par arrêter de nous forcer à lire.  Arrêter de choisir à notre place ce que nous sommes censés aimer lire."

Aïe!  Aïe!  Vais-je avoir droit au même reproche avec ce titre ?  J'espère bien que non car "Premier chagrin" est un condensé d'amour qui nous rappelle qu'"on devrait vivre comme si on allait mourir."
 
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5 commentaires:

  1. super ! je vais le noter celui-là...et le lire !
    j'aime la thématique et la façon de l'aborder.
    Et puis, la remarque sur la lecture, elle est bien vraie, non ?
    merci !

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    1. Oui et on pousse même le vice encore plus loin en donnant des conseils de lecture sur nos blogs ;-) Quelle plaie ces profs ;-)

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  2. J'ai apprécié dans l'ensemble, il est dans le prix des incos, mais j'ai toujours du mal avec ce thème, littérature jeunesse ou adulte d'ailleurs....

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  3. Je voudrais lire ce livre, mais je voudrais l'avis de plusieurs personnes, pour savoir si il est simple à comprendre point de vue vocabulaires, et logique de l'histoire. Merci

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    1. Pour moi, le vocabulaire et l'intrigue ne posent aucun problème ;-)

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