jeudi 5 juillet 2012

Le voleur d'ombres





L'histoire:

Quand on est petit, qu'on porte des lunettes, qu'on tombe amoureux de la fille qu'aime Markès, le caïd de la classe qui nous a pris comme souffre-douleur et que, pour couronner le tout, on a son père qui se fait la malle, l'enfance ça craint!  C'est ce que se dit le narrateur.  Pourtant, un jour, alors qu'il est assis à côté de son bourreau, leurs ombres se chevauchent et s'échangent...  Rien ne sera plus jamais pareil après ça!

Mon avis:

Il est rare que je verse une larme pour un roman...  Eh bien!  Ce fut le cas ici!  Et pourtant, à un moment de ma lecture, je me suis demandé où l'auteur nous emmenait et comment l'histoire allait pouvoir s'achever sans verser dans la sinistrose complète!  Un peu à l'image d'un noyé qui doit toucher le fond de l'eau pour pouvoir frapper un grand coup et remonter à la surface!

Ce roman traite de l'enfance dont les joies et les peines conditionnent toute notre vie d'adulte.  D'ailleurs, il se divise en deux parties.  Dans la première partie, le narrateur est enfant.  Un enfant qui voit ses parents se séparer et croit que son père le quitte parce qu'il n'est pas assez intéressant pour le retenir; un enfant différent, capable de percevoir le malheur des autres; un enfant qui cherche à réparer les failures de ceux qu'ils côtoient...  à défaut de pouvoir réparer les siennes. 
Dans la deuxième partie où il devient adulte, rien n'a vraiment changé.  Il fait médecine,  dans l'espoir plus ou moins conscient de guérir sa mère des blessures de l'existence. Il n'a plus revu son père.  A son tour, pour être heureux, il devra apprivoiser les ombres de son enfance... 

"Je croyais voir des choses invisibles aux yeux des autres, j'étais encore plus aveugle qu'eux."

Le sujet aurait pu se suffire à lui-même mais, ici, comme dans ses autres titres, Marc Levy ajoute une petite touche fantastique.  Le voleur d'ombres a une capacité, celle d'emprunter les ombres des personnes qu'il approche et pouvoir, en dialoguant avec elles, découvrir ce qui les fait souffrir.  Ce don est loin d'être une bénédiction!  Il est bien plus simple - n'est-ce pas? - de faire comme si tout allait bien...     


Dans ce titre, l'auteur évoque surtout tous les stades de la vie.  L'enfance où l'on n'attend qu'une chose: devenir grand; l'âge adulte où l'on aimerait retrouver, ne serait-ce qu'un instant, cet état de grâce; la vieillesse aussi où, parfois, on oublie pour se sentir moins seul...  Il parle aussi de tout ce qui fait le sel de la vie: l'amour et l'amitié avec de grands "a".  L'amour d'une mère dont le seul souhait est de voir son enfant être heureux dans la vie.  La rencontre de l'âme-soeur, celle qu'on ne pourra jamais oublier.  Celle de l'ami, le vrai, qui, quoiqu'il advienne, sera toujours présent.  Dans la vie, il y a aussi le doute, la peur, la souffrance, la mort...  Rien ne sera épargné au narrateur...  Malgré son don, le héros est comme nous: il vit, il aime, il souffre...  

Bien plus que le côté fantastique de l'histoire, c'est cet aspect réaliste qui m'a touchée.  Cette histoire fait écho à notre propre vie où nous n'en finissons jamais vraiment de quitter l'enfance!

"Il est des petites choses que l'on laisse derrière soi, des moments de vie ancrés dans la poussière du temps.  On peut tenter de les ignorer, mais ces petits riens mis bout à bout forment une chaîne qui vous raccroche au passé."
 
Maintenant, il faut bien avouer que même si le livre se lit rapidement, la chute tarde à arriver.  De plus, d'aucuns déploreront sans doute un fin convenue d'avance.  Je partage cet avis même si, paradoxalement, c'est ce "happy end" qui m'a tiré une larme de bonheur!  Finalement, le coeur a ses raisons que la raison ignore! 

Pour aller plus loin:
  • le site officiel du livre (très joli design, dans le lignée de la vidéo de présentation)
  • Marc Levy parle de son livre, réédité chez Pocket jeunesse:



Avec ce titre, je participe au challenge 


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