jeudi 9 février 2012

Lettre à Mimi




Salet, le 9 février 2012


Chère Mimi,

Ce midi, j'ai croisé ta maitresse au détour d'un escalier de notre école, particulièrement exposé aux frimas de l'hiver...  Chacune s'en allant dans des directions opposées, nous n'avons échangé que quelques mots.  Tu sais combien les humains sont pressés et courent dans tous les sens, comme s'ils pouvaient rattraper le temps qui file.  La prétention des Hommes, quel fléau, je te jure!
 
Des étoiles dans les yeux, elle m'a tendu ton ouvrage, sorti un peu comme par magie de son grand sac à la Mary Poppins... Je pense que ta "Tigra" est particulièrement fière des nombreuses lettres émouvantes qui te sont adressées par tes fans.  Je la comprends, elle ne s'attendait sans doute pas à un telle sympathie de la part de tes congénères et de leurs maitres. 

En saisissant ton manuscrit, j'ai été surprise par son poids et par la qualité du papier.  Sans vouloir te vexer, on en a pour son argent!  Il faut dire que tu en imposes sur la photo, tu ne pouvais décemment accoucher d'une souris! 

De retour à la salle des profs (haut lieu de l'éducation sur lequel tu aurais tant de choses à raconter! *), j'ai découvert les premières pages...  L'épigraphe m'a déjà tiré un sourire...  Le ton était lancé, nous, Humains, allions en prendre pour notre grade!  Par habitude, je me suis dirigée vers la page 99.  Il s'agissait de la fin d'une lettre que tu as envoyée à ton ami springer spaniel, Alfy du Puits Lachaud de Taviers, il y a à peu près un an, le 2 janvier 2011.  Dans cette missive, tu évoques ta joie de batifoler dans la neige de tes campagnes **.  Tu t'étonnes également du comportement de ta maitresse qui adopte la technique de l'oignon et devient "sexy comme une cosmonaute"!  Franchement, sur ce coup, je ne peux qu'abonder dans son sens.  La nature ne nous a pas doté de ton abondante et chaleureuse toison!

Malheureusement, le temps m'a rattrapée et j'ai dû repartir "monter la garde aux frontières de l'ignorance" *... 

Mais, ne t'inquiète pas, ce petit aperçu m'a donné l'envie de vite te relire... 

Je te donne de mes nouvelles très bientôt.

Je t'embrasse,

Céline


* cf. le 1er titre d'Isabelle Godfurnon sur L'Ecole, Monter la garde aux frontières de l'ignorance  (ou quelques considérations sans importance sur l'école d'aujourd'hui)
** cf. son 2e titre, Tendres campagnes

    

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