mardi 28 février 2012

35 kilos d'espoir



Pas toujours simple de motiver des élèves à la limite du décrochage scolaire, ni de combattre cette étiquette d' "abrutis" que la société en général et l'école en particulier leur colle sur le front.  Une école qui, le plus souvent, ne leur permet pas de faire la preuve de leurs qualités !

Cette problématique, j'y suis confrontée depuis quelques années déjà avec mes élèves de 1ère S (classe intermédiaire entre la 1ère et la 2e année du secondaire* (élèves qui ont redoublé une voire deux fois une année de leur parcours scolaire)) et avec les élèves en difficultés en 2e.  Pas évident de leur donner des cours de méthodologie du travail alors que le problème est souvent à chercher ailleurs: manque de motivation, de perspectives d'avenir, de projets personnels...

C'est dans ce cadre que je propose ce petit récit d'Anna Gavalda afin de renouer le dialogue, ouvrir le débat, casser la spirale négative et réfléchir avec eux sur leurs qualités et leurs projets...

L'histoire:

"Je hais l'école.
Je la hais plus que tout au monde.
Et même plus que ça encore...
Elle me pourrit la vie."

Pour Grégoire, l'école est un vrai cauchemar.  Elle le rend malade au sens propre!  A treize ans, il est en sixième** et a redoublé deux fois.  Il voudrait bien travailler mais  n'y arrive pas. 



Les matières scolaires et même le sport lui passent par dessus la tête!  Ce qu'il aime dans la vie, c'est bricoler, créer et fabriquer des choses. Son bonheur, il le trouve dans le cagibi de son grand-père, un ancien de Polytechnique, qui partage sa passion. Dans son refuge, il peut pour un moment s'éloigner de ses parents qui ne cessent de lui faire des reproches et prennent cette excuse pour se disputer sans arrêt.
Pourtant, un jour, Grégoire se fait renvoyer de son école...  Son grand-père qui, jusque là, l'avait toujours consolé, se fâche lui aussi! 

"Je ne te comprends pas!  Tu détestes l'école, et tu fais tout pour y rester le plus longtemps possible...

Grégoire prendra-t-il son destin en mains?  Trouvera-t-il une école où il pourra enfin s'épanouir?  Son grand-père sera-t-il là pour l'aider?

Mon avis:

35 kilos d'espoir est un petit livre plein d'optimisme!  Anna Gavalda nous propose une fable moderne du "Lièvre et de la tortue".  Léon, le grand-père, essaie de faire comprendre à son petit-fils qu'il est courageux et qu'il finira, lui aussi, par y arriver...   

Ce livre n'offre évidemment pas de solution miracle.  Il nous raconte simplement une histoire qui finit bien, où le héros sort grandi des difficultés qu'il rencontre, où il arrive à les surmonter grâce à sa volonté et au soutien d'un ainé.
C'est au moment où son grand-père le secoue que Grégoire réagit enfin et devient acteur de son futur.  Il trouve une école, un pensionnat, qui offre aux côtés des matières traditionnelles des options plus techniques.  Dans sa lettre, il met tout son espoir, tout son être, tout son poids, d'où le titre "35 kilos d'espoir".

Ce livre évoque aussi d'autres thèmes comme les relations parfois conflictuelles au sein du couple ou entre les générations.  Réalités auxquelles sont confrontés pas mal de jeunes de nos jours.  C'est aussi et surtout un magnifique hommage à l'amour inconditionnel qui peut lier un grand-père et son petit-fils.  Chacun apportant à l'autre ce qui lui manque: Grégoire, sa force et sa vitalité et son grand-père, son expérience et son enthousiasme.




L'émotion est bien présente.  On souffre vraiment avec Grégoire et on se souvient que, nous aussi, parfois, nous avons (eu) la gorge serrée et la boule au ventre.  Se mettre à la place de l'enfant (ce texte est rédigé à la première personne) nous permet également, à nous parents, de relativiser les choses...  et de se rappeler que ce qui compte avant tout,

c'est le bonheur de son enfant !


Un extrait du téléfilm:




* Le système scolaire belge est organisé comme suit: (obligation scolaire de 6 à 18 ans)
- pré-maternelle: de 2.5 à 3 ans
- maternelles (3 années): de 3 à 6 ans
- primaires (6 années): de 6 à 12 ans
- secondaires (6 années, de la 1ère à la 6e (rhétho)): de 12 à 18 ans 
** système français 

1 commentaire:

Un petit commentaire, c'est toujours sympa...